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AccueilExposition Rouge Banquise

 
Les samedis du 24 janvier au 24 février 2018

 

Exposition Rouge Banquise

 

rencontre avec le Groenland

Une exposition de peintures, photographies, vidéos et dessins de Nathalie Kopp

 

 

Le travail mené par Nathalie Kopp depuis sa rencontre avec le peuple inuit et la découverte de son univers de roches, d’eau et de glaces, prend en 2015 la forme d’une installation réunissant peintures, photographies et vidéos. Autant de restitutions d’émotions multiples vécues face à l’étrange beauté d’un monde rude et devant les menaces qui pèsent sur une culture fragile. En complément de ce questionnement artistique, des conférences et rencontres permettront d’évoquer les réalités et l’avenir du Groenland.

 

ROUGE BANQUISE

Il nous semble si évident qu’au plus profond de notre enfance se forgent nos attirances les plus inexplicables et pourtant les plus vraies, qu’on pourrait ici penser suffisant de s’arrêter à la pureté du blanc et à la virginité des espaces, à l’innocence des êtres et à la douceur des fourrures.
Au dévoilement d’une intimité.

Mais comment expliquer le goût du froid et de l’aride, la fascination pour le sang sur la glace, l’échec programmé de la rencontre du dissemblable, la mise en intranquillité de l’artiste ? C’est que tout n’est pas si simple, heureusement, ni même comprehensible.Ici se jouent la nécessité de l’art et la tentative de l’échange. Ici se fait voir la permanence du questionnement romantique, depuis l’effroi solitaire face aux forces indomptables de l’espace géographique jusqu’â son apaisement dans l’invention esthétique. Ici se vivent aussi l’angoisse écologique et la perception de la fragilité des modes anciens.

L’artiste et le peuple inuit sont ici reliés, comme stupéfaits devant la disparition programmée d’un espace de vie, d’une culture immémoriale, d’une beauté sans fard.
Il y a si peu encore, les habitants du Groenland vivaient dans le dénuement concret, dérisoire face aux immensités de glace, de neige, d’eau et de roche. Mais ils vivaient. Les liens immatériels du téléphone et de l’internet leur sont aujourd’hui accessibles. Pour quel projet de vie ? Ici aussi peut-être sommes-nous si proches.

Nathalie Kopp s’est imposé des règles simples, une économie de moyens et des formes maîtrisées, qui rendent peut-être inutile d’en expliquer le processus.
Tout au plus remarquera-t-on, depuis les grands formats des paysages filmés ou peints, au travers des petits formats d’instantanés cadrés et jusqu’aux signes rouges et blancs des dessins au posa, plusieurs glissements progressifs.Celui de l’immensité paysagère vers le minuscule des tupilaks, celui de la peinture classique vers la sculpture inuit, celui de la réalité vers le signe, celui des tons froids vers l’omniprésence du rouge. Le rouge de la mort, du sang, des maisons, des bateaux et des vêtements. Le rouge de la vie.

L’immersion vécue par Nathalie Kopp s’exprime par plusieurs formes de  regards, celle de l’attention portée au temps long des cycles des glaces entre le ciel et la mer, celle de la captation de l’instant mesurable des actes quotidiens, celle aussi de l’interrogation admirative devant les expressions fantasques de l’art inuit.
Le temps, l’espace et leur représentation ne font qu’un, réunis dans le travail de l’artiste comme dans le vécu des habitants du Groenland.

A la suite des explorateurs, écrivains ou ethnologues dont Nathalie Kopp a nourri son imaginaire, depuis bien avant sa rencontre avec le Groenland, la narration qu’elle propose nous invite à de multiples questionnements, qui ne sont pas seulement esthétiques.
La difficulté de vivre en milieu hostile, au quotidien, est par exemple montrée dans le geste patient de l’homme en barque, découpant méthodiquement pour y creuser le passage du bateau d’approvisionnement attendu pour le lendemain.

Nathalie Kopp est également architecte, et si l’on veut bien regarder les maisons en bois peint des villages, et la manière dont elles sont si légèrement posées sur la pierre, la démonstration qu’elle fait est toute autre, celle d’un impact minimal sur le monde tel qu’il est, et celle du choix conscient d’un point de vue sur les mouvements des glaces.
Ainsi la contemplation de la beauté du paysage et de ses habitants ne peut-elle plus, aujourd’hui, rester une émotion béate. Nous ne pouvons plus être les enfants que certains voudraient voir en nous, habitants de Nantes, de Tasiilaq ou de Tinitéquilaaq.

Christophe Boucher.

 

-> Plus d'infos sur le site de Nathalie Kopp <-

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